Oasis et vous
Mis à jour (Lundi, 05 Juillet 2010 04:39)
Rubrique Allergie et Psychologie
L’allergie a un impact psychologique. Nous le savons tous mais, jusqu’à présent, le sujet a été peu évoqué dans la littérature scientifique que, ainsi que dans notre propre journal. Aussi nous vous proposerons une nouvelle fenêtre de dialogue dans Oasis. Aidés par des psychologues, nous répondrons à vos interrogations sur ce sujet.
Petit historique :Lorsque j’ai rejoint l’association, après la naissance de mon fils, celle-ci était dans des revendications d’ordre pratique : comment faire comprendre aux autres que l’allergie peut être dangereuse ? Que donner à manger à mon enfant dans la gamme des produits industriels ? Comment peut-il être accueilli à l’école, à la cantine ?
Grâce aux bénévoles de l’AFPRAL et de la FPA, ces revendications ont grandement abouti même si tout est loin d’être parfait. Depuis quelques années, et particulièrement depuis le colloque organisé en 1999 à Montreuil, destiné notamment aux enfants allergiques, nous débattons souvent avec Suzanne Van Rokeghem de l’impact psychologique de l’allergie chez les enfants.
L’AFPRAL va avoir 20 ans. N’est-ce pas l’âge de raison ?
Prenons désormais le temps de discuter tous ensemble de l’impact de l’allergie et de ses symptômes sur un jeune enfant, un adolescent ou un adulte qui a vécu avec l’allergie ou qui la découvre sur le tard.
Un impact à tout âge :
L’adolescence est connue comme une période où le jeune refuse parfois de prendre ses médicaments. C’est notamment connu pour le diabète ou l’asthme et, d’ailleurs, beaucoup de médecins reconnaissent l’importance d’un dialogue médecin-ados en dehors des parents.
Mais qu’en est-il lorsqu’il s’agit d’interdits alimentaires médicaux ?
Comment refuser de prendre quelque chose que tout le monde consomme avec plaisir à l’âge où la notion de groupe est essentielle ? Ces jeunes, qui ont vécu toute leur enfance avec une notion d’interdit quasiment inviolable, comment traversent-ils la période où l’on brûle justement les interdits ?
Mais l’adolescence n’est pas la seule zone de turbulence. L’interdit alimentaire peut entraîner des troubles de l’alimentation, des angoisses chez les enfants tout comme, bien évidemment, chez les parents.
Il faut apprendre à se méfier mais aussi à faire confiance aux autres membres de la famille, aux nourrices, aux enseignants… et ce n’est pas toujours très facile.
De plus, les enfants vivent difficilement l’injustice d’une maladie, notamment s’ils sont les seuls de la fratrie à ne pas pouvoir manger certains aliments.
L’allergie, comme nous le savons, touche différents organes : nez, poumons mais aussi la peau, avec notamment l’eczéma. Or comme toute maladie qui se voit, elle induit un comportement chez les autres. Combien d’enfants se voient refuser la main qu’ils tendent à un camarade pour faire une ronde parce que leur peau est abîmée ? Une étude avait d’ailleurs montré, il y a quelques années, que l’eczéma avait un fort retentissement sur la vie quotidienne.
L’impact psychologique de l’allergie existe aussi pour les parents. Qui n’a pas eu la culpabilité
D’avoir donné à son enfant ce qui le rendait malade, de l’avoir fait dormir dans une maison humide… ? (J’en profite pour glisser mes culpabilités comme exemple !)
Nous avons besoin de vous
Ce dossier est vaste et c’est pourquoi nous ferons appel à vos témoignages, vos remarques vos interrogations, vos solutions. Nous demanderons également à des psychologues de nous épauler dans nos questionnements. Nous aurions aussi besoin des remarques des ados, ce qui n’est pas toujours facile. Aussi n’hésitez pas à lancer le débat dans votre famille pour venir nous en parler.
Pour le prochain numéro, nous allons nous intéresser à la notion d’interdit alimentaire et les conséquences chez les enfants comme les ados.
Vous pouvez témoigner, poser vos questions, soit en écrivant à la rédaction, en envoyant un mél à l’adresse suivante : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou directement sur le forum.
Christelle Loigerot
AFPRAL








