La prévention de l'allergie commence au berceau
Mis à jour (Lundi, 19 Septembre 2011 12:34)
(Extrait de la brochure du même nom)
COMPRENDRE ET PRÉVOIR L’ALLERGIE
1. QU’EST-CE QUE L’ALLERGIE ?
2. COMMENT SAVOIR SI MON BÉBÉ RISQUE D’ÊTRE ALLERGIQUE ?
3. QU’EST-CE QU’UN ENFANT ATOPIQUE ?
4. Y A-T-IL UN ÂGE POUR LES ALLERGIES ?
5. COMMENT SEVRER SANS RISQUES ?
1. QU’EST-CE QUE L’ALLERGIE ?
Notre corps est perpétuellement confronté à des ennemis extérieurs : microbes, virus, bactéries. Pour les combattre, il dispose d’une arme puissante : le système immunitaire.
L’allergie est une déviation de ce système : au lieu de nous défendre contre une agression réelle, il en fait trop et se met à réagir contre des substances tout à fait inoffensives comme le lait ou le pollen. Cette réaction se traduit notamment par une production d’anticorps spécifiques de l’allergie - les IgE (Immunoglobulines E). On peut tester l’allergie à partir d’une analyse de sang (RAST) ou au moyen de tests cutanés.
Pour faire une réaction allergique, deux « acteurs » sont donc nécessaires :
d’une part, une personne prédisposée à l’allergie, d’autre part, une substance capable de provoquer une réaction allergique. On l’appelle allergène ou antigène.
Sans virus, il n’y a pas de grippe. Sans allergène, il n’y a pas d’allergie. On peut donc parfaitement être allergique mais ne jamais en souffrir parce qu’on parvient à éviter les allergènes auxquels on est sensible.
2. COMMENT SAVOIR SI MON BÉBÉ RISQUE D’ÊTRE ALLERGIQUE ?
L’allergie fait partie des maladies que les parents peuvent transmettre à leurs enfants. Dans de nombreux cas, on peut donc prévoir, bien avant la naissance, quels enfants risquent d’être atteints.
En effet, les antécédents héréditaires jouent un rôle important dans l’allergie. Si le papa et la maman sont tous deux allergiques, le risque pour l’enfant est plus grand (50 à 60 %) que si une seule branche de la famille est atteinte. Il est encore plus élevé si les parents souffrent de la même maladie : asthme, eczéma, rhume des foins...
N’attendez pas la dernière minute pour évaluer ce risque.
Y A-T-IL DES PERSONNES ALLERGIQUES DANS LA FAMILLE ?
Remplissez l’arbre généalogique ci-joint en mettant, à côté des personnes, le numéro correspondant à l’un des troubles suivants :
![]() Une fois rempli, montrez ce tableau à votre médecin, parlez-en avec lui et demandez les précautions à prendre. |
![]() |
3. QU’EST-CE QU’UN ENFANT ATOPIQUE ?
Dans les familles où il y a des allergiques, les nouveaux nés peuvent hériter d’une prédisposition ou d’un terrain : on dit alors qu’ils sont atopiques.
Ils ne souffriront pas forcément des mêmes troubles que leurs parents ou grands-parents : ainsi un papa asthmatique peut avoir un enfant qui souffre du rhume des foins.
Il se peut aussi que les symptômes de l’allergie n’apparaissent pas : un bébé peut avoir un terrain allergique mais ne jamais faire d’asthme, d’eczéma ou d’autres symptômes d’allergie... simplement parce qu’on est parvenu à le tenir à l’écart des allergènes les plus fréquents dans notre mode de vie actuel : le lait, les œufs, l’arachide, les acariens, les animaux. C’est l’objectif que l’on poursuit à travers la prévention chez le nourrisson.
On estime généralement qu’une personne sur cinq est atopique. Des chercheurs de l’université d’Oxford ont confirmé le caractère héréditaire de l’atopie en mettant en évidence le rôle de certains gènes.
4. Y A-T-IL UN ÂGE POUR LES ALLERGIES ?
Certaines personnes croient à tort qu’un nouveau-né, ou un tout petit bébé est trop jeune pour être allergique. C’est faux.
L’allergie peut apparaître déjà dès les premières semaines. Elle se manifeste parfois dès la naissance : certains parents avaient par exemple remarqué chez leur bébé un léger ronflement ou une respiration sifflante avant qu’une allergie ne soit effectivement diagnostiquée. Des tests peuvent être faits dès les premiers symptômes. (pour en savoir plus : http://allergies.afpral.fr/vivre-avec-une-allergie/prevention/4-allergie-trop-denfants-sont-diagnostiques-trop-tard.html)
5. COMMENT SEVRER SANS RISQUES ?
Pour prévenir l’allergie alimentaire, il est recommandé de ne pas diversifier trop tôt l’alimentation. Vers 5-6 mois, l’enfant peut recevoir des substances nouvelles et absorber autre chose que le lait de sa maman. Il est d’ailleurs plus facile de sevrer un bébé à cet âge car il est prêt à manger à la cuillère. Si vous continuez à lui donner le sein, le fait de le nourrir à la cuillère permettra d’éviter que votre bébé ne s’habitue au biberon et refuse le sein.
- Allez-y par étape, n’introduisez qu’un seul aliment nouveau à la fois. Testez-le pendant plusieurs jours avant de passer à un autre. Ne forcez jamais un bébé qui refuse de manger quelque chose.Tenez un journal de bord, sur lequel vous noterez les aliments proposés à bébé et les réactions éventuelles : vomissements, eczéma, diarrhées, pleurs....
- LES LÉGUMES : Introduire les légumes un à un progressivement en commençant par carotte, haricot vert, courgette, artichaut, aubergine, poireau.
- LES FRUITS : Introduire les fruits un à un progressivement en commençant par pomme, poire, pêche, abricot, coing, pruneau. Les fruits rouges et les fruits exotiques ne sont pas interdits en l’absence d’allergie.
Il n’est pas judicieux de donner des fruits secs à coque (noix, noisettes, amandes...) jusqu’à 6 ans car il y a un risque important d’inhalation dans les bronches de cacahuète ou de fruits à coque. - A VIANDE : A partir de 7 mois, commencer par des viandes bien cuites (agneau, lapin, canard, porc) puis à 9 mois, les autres viandes (veau, bœuf, dinde, poulet) On commence par 1 cuiller à café (soit environ 10 g) pour arriver vers un an à 2 cuillers à soupe (soit environ 50 g).
- LE POISSON ET LES OEUFS peuvent être donnés à partir de 9 mois, en l’absence d’allergie.
- LES CÉRÉALES : elles doivent être sans gluten. Leur utilisation n’est pas obligatoire. Chez les enfants de famille atopique, on peut conseiller dans un premier temps de recourir uniquement à des farines à base de tapioca, de riz et de maïs sans adjonction d’arôme (vanille, miel) ou de fruits.
- L’EAU est la seule boisson indispensable en dehors du lait.
- En cas de gastro-entérite d’origine virale, attendre trois semaines avant de proposer un nouvel aliment.
- Eviter de toute manière d’introduire plusieurs aliments nouveaux au même repas.
Il est toujours conseillé de varier la nourriture : ce n’est pas parce qu’un bébé peut manger des œufs qu’on doit lui en donner tous les jours. Pensez à vérifier la composition des aliments, gâteaux et desserts achetés tout faits. - Si vous utilisez des « petits pots » ou d’autres repas tout préparés, donnez la préférence aux « monogoûts », c’est-à-dire, à ceux qui n’associent pas plusieurs aliments.
- Si le bébé réagit à un aliment, supprimez-le de ses menus et veillez à ne plus lui en donner, même sous une autre forme ; par exemple, s’il est allergique au lait, vérifiez sur l’étiquette des biscuits ou repas tout préparés si ceux-ci n’en contiennent pas.
Si votre enfant présente de graves problèmes digestifs ou d’eczéma, il est indispensable de demander conseil à un médecin spécialiste et à un service diététique associé pour ne pas passer à côté d’un diagnostic autre que l’allergie alimentaire ou pour la préciser si elle est en cause.
Des informations sur les repas sans lait de vache, sans œufs, sans soja etc. peuvent être obtenues sur notre site (voir Eviction).
Ces informations ne peuvent remplacer le conseil diététique individuel, indispensable pour équilibrer l’alimentation de votre enfant malgré les restrictions.

Pour en savoir plus : « La prévention de l’allergie commence au berceau » (brochure à commander sur le site :
http://allergies.afpral.fr/afpral-boutique-allergies/publications/66-prevention-allergie-au-berceau.html)

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