Allergie au lait (APLV)

Lait de vache

Le lait de vache fait partie de la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

90 % des allergènes de lait de vache, chèvre et brebis sont communs. L'allergie au lait de vache débute dès les premières semaines chez certains nourrissons. Troubles digestifs et eczémas sont les symptômes courants.

On préconise l'allaitement maternel exclusif les 6 premiers mois, puis une diversification prudente mais résolue. En fonction du résultat de l'enquête allergologique, on mettra dans les biberons de bébé :

un hydrolysat de caséine, de lactoglobuline, de lactosérum, de collagène de bœuf et/ou d'isolat de soja : il s'agit d'un lait de vache maternisé dont une fraction allergisante a été « cassée » suffisamment petit (<5000 dalton) pour ne pas donner d'allergie la plupart du temps.
une solution d'acides aminés : lait composé d'un mélange d'acides aminés allongé d'huile végétale. En pratique, car rien n'est jamais parfait, il y a parfois des agglomérats de ces acides aminés capables de réaliser à nouveau des allergènes. Les solutions d'acides aminés sont très onéreuses (50 euros la boîte de 400 g) mais remboursées en partie par la sécurité sociale française et belge, sur prescription médicale. Ces « laits » comportent des huiles végétales pour améliorer leur teneur en lipides (palme, colza) et sont supplémentés en calcium pour parfaitement subvenir aux besoins de l'enfant.

Le lait de vache est présent sous forme variée, beurre, crème dans les biscuits, plats préparés, sauces blanches. Pour les enfants plus grands et les adultes, les alternatives sont nombreuses avec les jus végétaux, lait d'avoine, de riz ou de soja et les industriels proposent des yaourts et autres préparations « lactées » sans lait tout à fait goûteuses.

En cas d'allergie au protéine du lait de vache, supprimer tout produit comportant une des mentions suivantes : lait, protéines de lait, protéines de lactosérum de lait, caséine de lait, caséinate de lait, lactalbumine de lait, lactose de lait, margarine, crème, beurre.

Attention aux produits de soins dermatologiques et cosmétiques qui peuvent contenir des protéines de lait.

Lait de chèvre et de brebis

Attention, les laits de chèvre et de brebis NE FONT PAS PARTIE de la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

L'allergie au lait de chèvre et de brebis va croissant, suscitant l'inquiétude des allergologues, les réactions étant particulièrement graves. Les allergènes des laits de chèvre et de brebis sont puissants, une très petite quantité de ces laits peut suffire à déclencher une réaction.

On pourrait penser leur consommation anecdotique et pourtant, pas du tout. Elle est de plus en plus courante car on trouve ces laits dans la plupart des magasins d'alimentation, notamment par le biais des fromages et spécialités fromagères. Les fromagers doivent spécifier l'origine laitière de leurs produits mais il y a parfois des contaminations par coulures ou brisures lors de la fabrication, ou encore sur les étals, voire sur les plateaux familiaux.

En cas d'allergie au lait de chèvre ou au lait de brebis, supprimer tous les produits fabriqués à partir de ces laits. Si vous avez présenté une réaction avec un seul de ces laits, il faut éliminer les deux (chèvres et brebis) en raison de réactions croisées qui sont constantes.

Il faut se méfier des fromages à la coupe, le couteau peut être contaminé par un fromage de chèvre ou de brebis.

Allergie à l'œuf

L'oeuf fait partie de la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

L'œuf qu'il soit de poule de caille ou de canard est composé d'un jaune avec un peu d'albumine (protéine allergisante) et d'un blanc avec beaucoup d'albumine. On l'introduira dans la diversification alimentaire du nourrisson très tranquillement vers l'âge d'un an, en proposant d'abord du jaune cuit.

Les principales protéines allergènes contenues dans l'oeuf sont l'ovalbumine (le blanc de l'oeuf), l'ovomucoïde et l'ovotransferrine. L'ovalbumine est thermostable, c'est-à-dire que le pouvoir allergisant ne disparaît pas sous l'effet de la cuisson.

L'œuf est largement utilisé dans l'alimentation industrielle, en tant qu'ingrédient ou additif pour donner une meilleure saveur au produit, notamment sous forme de lysozyme dans le fromage. Il est utilisé en œnologie pour assouplir les vins rouges trop tanniques. Son éviction est une sacrée problématique en pâtisserie car c'est un tensio-actif. Les substituts existent : compote de pomme, lécithine de soja, mélange de fécule de pomme de terre et de maïs... sans oublier l'agar-agar et les carraghenanes.

En cas d'allergie à l'oeuf, supprimer tout produit comportant une des mentions suivantes : oeuf, blanc d'œuf, jaune d'œuf, protéine d'œuf, liant protéique d'oeuf, lysozyme d'oeuf*, lécithine d'œuf*. Attention aux shampooings et produits cosmétiques pouvant contenir des protéines d'œuf.

* Voir avec votre médecin s'il faut obligatoirement supprimer les aliments pouvant contenir du lysozyme et des lécithines.

Allergie à l'arachide (ou cacahuète)

L'arachide fait partie de la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

Cette plante fait partie de la famille botanique des fabacées, et plus communément des légumineuses, comme le pois ou le lupin ; elle a un fort pouvoir allergisant dû aux protéines présentes dans la graine de la plante. De plus, un tiers des allergiques à l'arachide ont aussi une allergie associée aux fruits secs à coque (noix, noisette, amande, noix de cajou, pignon...).

Des allergies croisées parmi les légumineuses sont possibles de même qu'entre l'arachide et les fruits à coque. L'arachide, originaire du Mexique, est cultivée en région tropicale, mais on en trouve aujourd'hui quelques pieds dans les Landes. Elle pousse comme les pommes de terre, les coques se trouvant dans le sol. Deux graines s'extirpent de chacune des gousses : les cacahuètes. L'allergie à l'arachide est classée deuxième en terme de fréquence chez l'enfant (derrière le blanc d'œuf) et 6e chez l'adulte. Son allergénicité est accrue lorsqu'elle est grillée, mode de consommation courant en Europe. Face à la gravité des réactions et au nombre important de malades, les industriels ont peu à peu remplacé cet oléagineux dans leurs recettes, au profit de nouvelles sources protéinées à bas coût comme le soja, le lupin...
Les huiles d'arachides provenant des pays industriels de la CEE ne contiennent que des traces infimes de protéines d'arachides qui ne posent plus aucun problème pour les allergiques à l'arachide. Il est exceptionnel de la supprimer.
Par contre aucune sécurité n'est assurée dans les restaurants étrangers (orientaux, méditerranéens, moyen orientaux qui peuvent utiliser des huiles non raffinées achetées chez leurs grossistes) ainsi que pour l'utilisation d'huiles non raffinées dites « gourmet oils ».

En cas d'allergie à l'arachide, supprimer tout ce qui contient des protéines d'arachide.

Allergie aux fruits à coque

Les fruits à coque font partie de la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

L'ensemble des fruits à coques regroupe : amandes, noisettes, noix, noix de cajou, noix de Pécan, noix du Brésil, noix de Macadamia, noix du Queensland, pistaches, (allergènes à déclaration obligatoire), noix de Nangail, pignon de pin, châtaigne.

Les fruits à coque peuvent être responsables de réactions très graves. Ils sont très présents dans l'alimentation industrielle : les snacks, les gâteaux, les chocolats, etc. Il n'est donc pas facile de les éviter.

La noix de coco n'est pas un fruit à coque comme son nom ne l'indique pas !

Ce régime est presque toujours associé à un régime d'éviction à l'arachide, en raison de fréquentes réactions croisées et du risque de contamination sur les chaînes de fabrication et de conditionnement des produits alimentaires.

Attention aux produits de soins dermatologiques et cosmétiques qui peuvent contenir des huiles ou des protéines de fruits à coques.

Allergie au blé

Blé

Le blé fait partie de la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

Cette céréale de la famille des poacées (ex-graminées) est incontournable dans l'alimentation européenne. En farine pour faire le pain et les gâteaux, en semoule pour les pâtes, en grains précuits avec une noix de beurre, torréfié pour aromatiser les charcuteries, en flocons dans les müeslis, en glucose dans les sorbets (inoffensif car sans protéine), en dermocosmétique, dans les médicaments... le blé est partout. On peut être allergique au blé étant bébé, puis on guérit en «mûrissant » vers l'âge de 1 ou 2 ans. 50 % des enfants acquièrent une tolérance à l'âge de 5 ans, 75 % à l'âge de 8 ans. Reste une part de cette population intolérante au gluten qui devra éviter cette protéine qui agit comme de la toile émeri sur les parois de l'intestin. On parle de maladie cœliaque. Pour éviter ces deux pathologies que sont l'allergie au blé et l'intolérance au gluten, les nourrissons éviteront d'ingérer le fameux SABOT (Seigle, Avoine, Blé, Orge, Triticale) auquel il faut ajouter le K de Kamut, une marque commerciale déposée depuis 1990 certifiant que ce blé est cultivé de façon biologique.

Le froment est du blé tendre. Les adultes qui sont allergiques au blé éviteront aussi la bière qui en contient souvent.

Si la réintroduction du blé réussit, les enfants pourront aiguiser leurs quenottes sur des quignons de pain, sinon il leur restera les croustillantes galettes de riz ou de sarrasin, les feuilletés au sésame, les tacos à la farine de maïs, les pâtes au quinoa, et les biscuits à la farine de châtaigne, ou de sorgho, les panisses à la farine de pois chiches.... le blé n'est pas si incontournable que ça, le pain non plus et les alternatives sont nombreuses et imaginatives. Des variétés anciennes de blé se cachent sous diverses dénominations, la mention « blé » doit clairement les accompagner. Il s'agit de l'épeautre, l'engrain, le kamut et le triticale. Pour finir de semer la plus totale confusion, le blé noir est en fait du sarrasin.... une polygonacée !

En cas d'allergie au blé, supprimer tout produit comportant les mentions suivantes : blé, froment, orge, avoine, seigle, épeautre, kamut, gluten, amidon de blé, amidon de blé purifié en gluten matières amylacées de blé, protéines de blé.

Les produits contenant des sirops de glucose de blé, dextroses de blé, malto-dextrines de blé peuvent faire l'objet de recommandations particulières. Ils ne sont pas à supprimer de façon systématique.

Attention aux produits de soins dermatologiques et cosmétiques qui peuvent contenir des protéines de blé et d'avoine.

Isolat de blé

Une nouvelle allergie à un dérivé de blé, l'isolat de blé, est apparue.

Il peut provoquer des réactions anaphy-lactiques graves et suscite l'inquiétude des allergologues.

Les isolats de blé sont des préparations industrielles à partir de farine de blé (très exactement à partir du gluten) qui sont utilisées comme ingrédients. Ces préparations s'appellent couramment isolats mais certains auteurs les appellent hydrolysats. On le découvre dans les barres de céréales, les boissons énergétiques, certaines charcuteries à bas prix (poulet reconstitué dans les sandwichs), mais aussi dans des cosmétiques comme les shampoings. Ses effets sont sournois car ils peuvent se manifester seulement à l'effort.

Allergie au poisson

Le poisson est largement utilisé dans l'alimentation de l'enfant.
Les allergènes du poisson sont volatils et peuvent provoquer une réaction par simple inhalation.
Par conséquent, les enfants qui y sont allergiques ne devront pas rentrer dans la cuisine ou la cantine, les jours où du poisson est au menu.


Un terme qui réunit toutes les bêtes à écailles et à nageoires du fond de la mer, de l'océan, des rivières et des étangs. Les espèces allergisantes les plus fréquentes sont la morue, le thon, le saumon. Les enfants peuvent être allergiques à toutes les espèces de poisson mais aussi parfois à une seule espèce de poisson et donc consommer les autres. C'est une allergie qui persiste en général à l'âge adulte.

Le poisson fait partie de la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire. Certains poissons, comme le thon rouge ou le saumon, contiennent beaucoup d'histamines qui font « comme de l'allergie ». Un passage de 4 heures dans un congélateur rendra cet inopportun médiateur inoffensif.

Allergie au kiwi

Les allergiques au kiwi développent, dans 45 % des cas, une réactivité à l'avocat, la banane et la châtaigne. On prendra garde au mélange de fruits exotiques dans les jus et boissons qui peuvent contenir du kiwi.